La Tour aux Singes à Kerangomar

Motte et basse-cour conservées

Cet ouvrage a été repéré par L. Le Guennec et H. Frotier de la Messelière qui en fit un relevé sommaire vers 1927 (34 J, Taulé). La motte apparaît nettement dans l’atlas cadastral de 1828, section A2, parcelle n° 586, dite « ar Quistillic » (le petit château) comme les voisines n°s 587 et 589. La basse­-cour occupe la n° 588, dite « ar Maguérès » (la pépinière).

Le tertre s’élève sur un versant en pente douce, en bordu­re et au-dessus d’un petit ruisseau et d’une ancienne chaussée d’étang. La butte, en partie naturelle, a un diamètre à la base d’environ 25 mètres. Elle mesure 4 à 5 mètres de hauteur, au-dessus du fossé qui l’isole du plateau à l’ouest, et une dizaine par rapport à la prairie marécageuse, à l’est. Sa plate-forme, large de 14 à 15 mètres est plane ; elle est bordée par un para­pet de terre de moins de 0,50 mètre de largeur et d’élévation.

La motte est séparée de la basse-cour par deux fossés qui enser­rent un glacis semi-circulaire de 5 mètres de largeur, 2 mètres de hauteur et 36 mètres de longueur. L’enceinte  forme un trapèze aux angles arrondis de 30 à 40 mètres de côté. Elle est défendue par un talus haut de 1 à 2 mètres et un fossé peu marqué.

Une ferme, dite « Ty-Coz Kerangomar » en 1828 et un manoir implanté à 250 mètres à l’ouest, ont succédé à la mot­te. Selon L. Le Guennec, vers 1431, la seigneurie était détenue par Catherine de Kérouséré qui épousa Hamon de Kergroadès. La motte est quelquefois appelée « La Tour aux singes ».

(article extrait d’un périodique d’archéologie)

 

À propos de l’appellation « la tour aux singes »

 

 

 

 

Ce lieu rassemblait occasionnellement « la haute société » pour des festivités. Le « petit peuple » qui assistait à ces réunions aurait utilisé cette expression.
Le qualificatif de « singe » n’était pas insultant puisque vers 1700, il apparut pour désigner la patron, le chef d’atelier.

 

Références cadastrales actuelles:
Section A Numéros 252-253-254-255

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

N.B. Le croquis n’accom­pagne pas l’article extrait d’un périodique d’archéologie. Il relève de la responsabilité du rédacteur de ce sujet.

L’ensemble plate-forme, parapets [1] et [2] et basse-cour est au même niveau.
Rivière, marais, route, sont situés une quinzaine de mètres au-dessous.

Lexique

 

« Basse-cour » :
soit l’ensemble des animaux qui vivent dans cette partie de l’ouvrage, soit la partie destinée aux équipages par opposition à la cour d’honneur.

 

« Motte » :
tertre artificiel à fonction défensive sur lequel étaient parfois érigées des fortifications.